3.1 - Prévention en chirurgie
3.1.1 - Prévention en chirurgie hors orthopédie
(Selon RPC SFAR 2004)Tableau VII . Niveau de risque de thrombose (chirurgical et/ou patient)
Le risque élevé domine qu'il soit chirurgical ou patient
|
Risque lié à la chirurgie |
Risque lié au patient |
Niveau de risque |
| Chirurgie abdominale non majeure : appendice, vésicule non inflammatoire, proctologie, chirurgie pariétale Chirurgie de la surrénale, urétéroscopie et chirurgie de l’uretère, chirurgie endoscopique de la vessie et de la prostate, IVG, curetage, bartholinite, conisation | Absence de facteur de risque |
Faible |
| Chirurgie carcinologique du sein Coelioscopie > 60 min, Laparotomie exploratrice, Dissection étendue et/ou hémorragique Durée opératoire anormalement prolongée. Urgences | Age > 40 ans Oestroprogestatifs Cardiopathie décompensée Alitement opératoire > 4 jours Varices Insuffisance veineuse majeure Infection péri-opératoire Post-partum (6 à 8 semaines) Obésité |
Modéré |
| Neurochirurgie Traumatisme médullaire Chirurgie pour cancer pelvien (utérus, col, ovaire) Chirurgie abdominale majeure (foie, pancréas, colon, MICI ou cancer) Chirurgie bariatrique Chirurgie urologique (rein, prostate, vessie, curage ganglionnaire) Résection pulmonaire Chirurgie Aorte ou vasculaire des MI Abdominoplastie | Cancer actuel ou évolutif Antécédents de MTEV Paralysie des membres inférieurs Hypercoagulabilité acquise (anticoagulant circulant (ACC)) ou constitutionnelle |
Elevé |
Tableau VIII . Stratégies thérapeutiques en fonction des risques de thrombose et hémorragique
| Stratégies thérapeutiques en fonction du risque |
Risque Hémorragique faible |
Risque Hémorragique élevé hémorragie cérébrale hémorragie non contrôlée |
| Risque Thrombose modéré | enoxaparine (Lovenox®) 0,2 mL/j / 20 mg/2000 UI AXa nadroparine (Fraxiparine® ) 0,3 mL/j /2850 UI AXa daltéparine (Fragmine®) 2500 UI AXa/j tinzaparine (Innohep®) 2500 UI AXa/j ou BAT | BAT (bas anti-thrombose) |
| Risque Thrombose élevé | enoxaparine (Lovenox®) 0,4 mL/j / 40 mg/j /4000 UI AXa nadroparine (Fraxiparine®) 38 (J1 et J2) puis 57 UI Axa/kg daltéparine (Fragmine®) 5000 UI/j tinzaparine (Innohep®) 3500 (cancer) - 4500 UI/j fondaparinux (Arixtra®) 2,5 mg/j +/- BAT | BAT et CPI (compression mécanique intermittente) |
- Une thromboprophylaxie médicamenteuse n’est pas recommandée pour un lifting (1-)
- Il est suggéré d’appliquer une prophylaxie mécanique (bas anti thrombose et/ou CPI), en cas de lifting (2+).
- Il est suggéré d’utiliser une prophylaxie médicamenteuse par HBPM dans les dermolipectomies ou les lipoaspirations, y compris chez des patients à risque de saignement post-opératoire (2+).
- Il est suggéré qu’une prophylaxie mécanique (bas anti- thrombose et/ou CPI) soit mise en œuvre systématiquement (2+).
- Nous suggérons qu’une prophylaxie mécanique (bas de contention et/ou CPI) doit être mise en œuvre d’autant plus que le patient est à risque d’ETEV post-opératoire (2+)
- Il est recommandé de porter des bas de contention dès l’arrivée au bloc dans le cas d’une chirurgie à risque élevé (1+)
- Il est recommandé de poursuivre la thromboprophylaxie pendant 7 à 10 jours (1+)
3.1.2 - Prévention en chirurgie orthopédique
(Selon RPC SFAR 2011) Tableau IX. Prévention et durée de traitement en chirurgie orthopédique|
Risque chirurgical |
||
| Faible | Arthroscopie du genou, hallux valgus, hernie discale, arthroscopie diagnostique ou méniscectomie | Pas de prophylaxie (1-) |
| Modéré | Fracture extrémité distale du membre inférieur (tibia péroné, cheville et pied) rupture Tendon d’Achille, plâtre sans appui : durée immobilisation (2+) Arthrodèse de rachis, lésion ligamentaire genou ou cheville, TTA = 8-10 jours (2+) | HBPM (2+) |
| Elevé trauma | Fracture diaphyse fémorale = 42 jours ou Fracture du col du fémur = 35 jours Fracture du Plateau et pilon tibial = durée immobilisation | HBPM utilisable au-delà du 14ème jour (2+) Fondaparinux (1+) |
| Elevé | PTH = 35 à 42 jours (1+) PTG = 14 jours (1+), voire 35 jours (2+) Reprises de PTH et PTG : mêmes durées Que ce soit pour la PTH ou la PTG, un écho-Doppler systématique réalisé avant la sortie n’est pas recommandé (1-) | Première intention, sans différence (1+)
HBPM
fondaparinux
dabigatran
rivaroxaban
|
| Ostéotomie tibiale = 42 jours ou durée immobilisation | HBPM 2+ | |
- HBPM 12h pré-op 6-8h post-op
- Injection pré-op non indispensable : 2+
- injection post-op préférable si anesthésie loco-régionale (ALR) : 2+
- pré-op si FH différée avec chirurgie 12 h (24 h) après dernière injection : 1+
- fondaparinux 8 h post-op
- dabigatran 1-4 h post-op
- rivaroxaban 8 h post-op
- apixaban 12-24 h post-op
3.2 - Prévention en médecine
La prévention de la MTEV en médecine dépend du risque thrombo-embolique prenant en compte l’affection médicale aiguë, les facteurs de risque liés au patient dont l’âge et l’alitement. Une seule injection/jour pour une durée de 7 à 14 jours.Figure 5 . Aide à la prescription d’une thromboprophylaxie en médecine en fonction de l’évaluation du risque thrombo-embolique (RTE).
|
RTE élevé |
RTE modéré |
Pas de RTE |
|
| M : maladie aiguë |
+ 2 |
+ 1 |
0 |
| F : Terrain ou Facteurs de risque |
+ 2 |
+ 1 |
0 |
| I : degré d’Immobilité |
+ 2* |
0 |
0 |
|
|
- Une seule injection en sous cutanée /jour (Pas de surveillance antiXa)
- Pas de surveillance anti-Xa.
- Si contre-indication au traitement anticoagulant (saignement actif, coagulopathie, thrombopénie, etc)
- Pas d’AMM pour les AOD en thromboprophylaxie médicale pour l’instant.
3.3 - Stratégies diagnostiques d’une thrombose veineuse profonde (TVP)
Suspicion de TVPTableau X . Score de Wells *
| Eléments |
Points |
| Cancer évolutif |
+ 1 |
| Paralysie, parésie ou immobilisation plâtrée récente d’un membre inférieur |
+ 1 |
| Alitement récent > 3 jours ou chirurgie majeure < 4 semaines |
+ 1 |
| Tension douloureuse localisée du membre inférieur |
+ 1 |
| Augmentation de volume globale du membre inférieur |
+ 1 |
| Augmentation de volume > 3 cm comparé au membre asymptomatique |
+ 1 |
| Œdème prenant le godet |
+ 1 |
| Circulation veineuse collatérale |
+ 1 |
| Probabilité d’un autre diagnostic > à celui de TVP |
- 2 |
| Probabilité clinique |
|
| Faible |
0 |
| Moyenne |
1 - 2 |
| Forte |
≥ 3 |

Figure 6 . Algorithme de diagnostic TVP
En pratique , le diagnostic de TVP est évoqué :- devant des signes cliniques (la probabilité clinique de TVP étant d'autant plus élevée qu'il existe des facteurs de risque ou un facteur déclenchant de TVP associé à des symptômes unilatéraux),
- en présence d'une suspicion d’embolie pulmonaire (EP),
- de manière systématique (plus rarement) dans un contexte à très haut risque.
- L’examen doit être complet et inclure l’étage sural.
- A défaut, deux examens jusqu’en poplité sont réalisés à une semaine d’intervalle.
3.4 - Stratégie thérapeutique à la phase aiguë
- Préférer HBPM ou le fondaparinux à l’HNF.
- Dose en fonction du poids.
- HBPM curatif contre-indiquée si clairance créatinine < 30ml/min.
- Bilan minimum avant la mise sous traitement anticoagulant :
- Numération plaquettaire
- TP (taux de prothrombine) et TCA (temps de céphaline + activateur)
- clairance de la créatinine (formule de Cockcroft)
- Après le début des héparines ou du fondaparinux, relais AVK précoce en l’absence de situation à risque hémorragique.
- Autre traitement possible : traitement d’emblée par le rivaroxaban (15 mg, matin et soir pendant 21 jours puis 20 mg 1/jour) ou apixaban (10 mg, matin et soir pendant 7 jours, puis 5 mg matin et soir) sans administration d’héparine ou de fondaparinux. Traitement par dabigatran 150 mg matin et soir après au moins 5 jours de traitement par anticoagulant par voie parentérale.
Tableau XI . Stratégie thérapeutique à la phase aiguë d’une TVP
Apixaban (Eliquis®)
|
|
Apixaban (Eliquis®) anti-Xa direct oral |
| Posologie | 10 mg matin et soir pendant 7 jours puis 5 mg matin et soir |
| Avantages | Index thérapeutique large à la différence des AVK Pas de surveillance biologique |
| Inconvénients | Contre-indication si Insuffisance rénale sévère avec ClCr <30 mL/min (Cockcroft) Pas d’antidote Non recommandé en association avec des inhibiteurs puissants du CYP3A4 et de la P-gp, tels que les antimycosiques azolés… |
|
|
Rivaroxaban (Xarelto ®) anti-Xa direct oral |
| Posologie | 15 mg x2/24h pendant 21 jours Puis 20 mg/24h Diminuer à 15 mg/24h après les 21 ers jours si ≥2 facteurs de risque : - clairance entre 30 et 49 mL/min - âge > 75 ans - poids < 50kg |
| Avantages | Index thérapeutique large à la différence des AVK Pas de surveillance biologique |
| Inconvénients | Pas recommandé si Insuffisance rénale sévère avec ClCr <15 mL/min (Cockcroft) Pas d’antidote Contre-indiqué si patients VIH sous inhibiteurs de protéases, avec azolés. |
HBPM
|
|
HBPM |
| Posologie | Deux injections SC/j : enoxaparine SC, Lovenox® 100 UI/kgX2/24h (TVP ± EP) daltéparine SC, Fragmine® 100 UI/kgX2/24h (TVP) nadroparine SC, Fraxiparine® 85 UI/kgX2/24h (TVP) Une seule injection SC/j : tinzaparine SC, Innohep® 175 UI/kg/24h (TVP, EP) nadroparine SC, Fraxodi® 170 UI/kg/24h (TVP) Minimum 5 jours avec relais AVK précoce (du 1er au 3ème jour) Maintenu tant que l’INR n’est pas entre 2 et 3 sur 2 contrôles successifs |
| Avantages | Meilleure biodisponibilité que l’HNF Pas de contrôle biologique (Anti-Xa) sauf - Sujets âgés : Poids extrêmes (anorexie, obésité) - Insuffisants rénaux modérés (30 < ClCr < 60 mL/min, sinon pas d’HBPM) - Femmes enceintes Moindre fréquence des TIH |
| Inconvénients | Contre-indication si Insuffisance rénale sévère avec ClCr <30 mL/min (Cockcroft) |
Fondaparinux (Arixtra®)
|
|
Fondaparinux (Arixtra®) |
| Posologie | Une seule injection SC/ j Arixtra® 50 à 100 kg → 7,5 mg/j < 50 kg → 5 mg/j > 100 kg → 10 mg/j Minimum 5 jours avec relais AVK précoce (du 1er au 3ème jour) Maintenu tant que l’INR n’est pas entre 2 et 3 sur 2 contrôles successifs |
| Avantages | Meilleure biodisponibilité que l’HNF Pas de contrôle biologique (Anti-Xa) sauf - Sujets âgés : Poids extrêmes (anorexie, obésité) - Insuffisants rénaux modérés (30 < ClCr < 60 mL/min, sinon pas d’HBPM) - Femmes enceintes Pas de TIH Une seule injection |
| Inconvénients | Contre-indication si Insuffisance rénale sévère avec ClCr <30 mL/min (Cockcroft) Pas d’antidote |
|
|
HNF |
| Posologie | IVSE : Bolus de 80 UI/kg puis 18 UI/kg/h ou 500 UI/kg/24h. SC : - Bolus de 80 UI/kg - 500 UI/kg/j - 2 ou 3 injections/j Minimum 5 jours avec relais AVK précoce (du 1er au 3ème jour) Maintenu tant que l’INR n’est pas entre 2 et 3 sur 2 contrôles successifs |
| Avantages | Situations où la ½ vie courte de l’HNF est un avantage Thrombolyse Insuffisance rénale avec ClCr < 30 mL/min |
| Inconvénients | Nécessité d’une surveillance biologique rapprochée pour adaptation de doses (anti-Xa). |
| Pour HNF → Surveillance des plaquettes recommandée - 2 fois/ semaine les trois premières semaines - puis 1 fois/ semaine ensuite (1 fois/ mois chez la femme enceinte) Pour HBPM : surveillance des plaquettes non préconisée en dehors d’un contexte post-opératoire ou post-traumatique ou lors d’exposition préalable à l’HNF |
- Diagnostic de certitude
- Patient
- Stable (non compliqué pour la TVP et absence de signes d’insuffisance cardiaque droite pour EP)
- Faible risque hémorragique
- Pas d’insuffisance rénale
- Traitement par HBPM ou fondaparinux ou rivaroxaban
- Conditions adaptées à l’administration et à la surveillance du traitement anticoagulant à domicile
- Pour les EP, uniquement si le score de gravité est à risque faible
- 2 Scores de gravités :
- - Score de gravité clinique d’Aujesky ou PESI (tableau XII) ou PESI simplifié (tableau XIII)
- - Score de gravité d’O. Sanchez (tableau XIV))
Tableau XII . Scores de gravité clinique d’Aujesky ou PESI (Pulmonary Embolism Severity Index)
| Facteurs de risque de mortalité | points |
| Age | +1 par année |
| Sexe masculin | +10 |
| Comorbidités | |
| Cancer | +30 |
| Insuffisance cardiaque | +10 |
| Insuffisance respiratoire chronique | +10 |
| Données de l’examen clinique | |
| Fréquence cardiaque > 110/min | +20 |
| Pression artérielle systolique < 100 mmHg | +30 |
| Fréquence respiratoire > 30/min | +20 |
| Température < 36°C | +20 |
| Désorientation, obnubilation ou coma | +60 |
| saO2 < 90%, avec ou sans oxygène | +20 |
|
Score Ce score définit cinq classes de gravité croissante : |
|
| classe I | ≤ 65 |
| classe II | 66 - 85 |
| classe III | 86 - 105 |
| classe IV | 106 - 125 |
| classe V | > 125 |
| La mortalité augmente avec la classe de gravité : de l’ordre de 2,5% en classe I et II, elle est de 7% en classe III, de 11% en classe IV et de 24% en classe V. | |
Tableau XIII . Scores de gravité clinique PESI simplifié (sPESI- Simplified Pulmonary Embolism Severity Index)
| Facteurs de risque de mortalité | points |
| Age > 80 ans | 1 |
| Cancer | 1 |
| Pathologie respiratoire et cardiaque | 1 |
| PAS< 100 mmHg | 1 |
| Fréquence cardiaque > 110 /min | 1 |
| SpO2 < 90% | 1 |
|
Score |
|
| Risque faible (Décès à 30 jours : 2,1%) | 0 |
| Risque élevé (Décès à 30 jours : 14%) | > 1 |
Tableau XIV . Score de gravité d’O. Sanchez (PREP study)
| Facteurs de risque de mortalité | catégorie | points |
| Troubles de conscience (désorientation, obnubilation et coma) | non oui | 0 10 |
| Choc cardiogénique à l’admission | non oui | 0 6 |
| Cancer | Non oui | 0 6 |
| BNP (ng/mL) brain natriurétic peptide | <100 100-249 250-499 500-999 ≥1000 | 0 1 2 4 8 |
| Rapport VD/VG VD = ventricule droit VG = ventricule gauche | 0,2-0,49 0,5-0,74 0,75-1,00 1,00-1,25 ≥1,25 | 0 3 5 8 11 |
|
Score |
||
| Classe I : risque faible | ≤ 6 | |
| Classe II : risque intermédiaire | 7 - 17 | |
| classe III : risque élevée | ≥ 18 |
Tableau XV . Surveillance biologique des HBPM et du fondaparinux
A. HBPM : schémas en deux injections par jour : prélèvement au pic d’activité 3 à 4 h après l’injection Enoxaparine (Lovenox®)| Spécialité |
Enoxaparine (Lovenox®) |
| Indications |
TVP avec ou sans EP Syndrome coronarien aigu |
| Posologie |
100 UI/kg/12h (1 mg/kg/12h) |
| Activité anti-Xa au pic : | |
| . Valeurs moyennes m±sd |
1,20 ± 0,17 U/mL |
| . Seuil de surdosage |
non déterminé |
| Allongement du TCA (si mesuré) |
peu allongé |
Dalteparine (Fragmine®)
| Spécialité |
Dalteparine (Fragmine®) |
| Indications |
TVP constituées Angor instable Infarctus du myocarde sans onde Q |
| Posologie |
100 à 120 UI/kg/12h |
| Activité anti-Xa au pic : | |
| . Valeurs moyennes m±sd |
0,6 ± 0,25 U/mL |
| . Seuil de surdosage |
1,0 U/mL |
| Allongement du TCA (si mesuré) |
peu allongé |
| Spécialité |
Nadroparine (Fraxiparine®) |
| Indications |
TVP constituées Angor instable Infarctus du myocarde sans onde Q |
| Posologie |
85 UI/kg/12h |
| Activité anti-Xa au pic : | |
| . Valeurs moyennes m±sd |
1,0 ± 0,2 U/mL |
| . Seuil de surdosage |
non déterminé |
| Allongement du TCA (si mesuré) |
peu allongé |
| Spécialité |
Tinzaparine Innohep® |
| Indications |
TVP constituées EP sans signe de gravité |
| Posologie |
175 UI/kg/24h |
| Activité anti-Xa au pic : | |
| . Valeurs moyennes m±sd |
0,87 ± 0,15 U/mL |
| . Seuil de surdosage |
1,5 U/mL |
| Allongement du TCA (si mesuré) |
allongé |
Nadroparine (Fraxodi®)
| Spécialité |
Nadroparine Fraxodi® |
| Indications |
TVP constituées |
| Posologie |
171 UI/kg/24h |
| Activité anti-Xa au pic : | |
| . Valeurs moyennes m±sd |
1,34 ± 0,15 U/mL |
| . Seuil de surdosage |
1,8 U/mL |
| Allongement du TCA (si mesuré) |
peu allongé |
C. Fondaparinux : schéma en une seule injection par jour : prélèvement au pic d’activité 2 à 3 h après l’injection
Fondaparinux (Arixtra®)
| Spécialité |
Fondaparinux Arixtra® |
| Indications |
TVP constituées EP sans signe de gravité |
| Posologie | 7,5 mg/24h (50-100 kg)
5 mg/24 h (< 50 kg)
10 mg/24h (> 100 kg) |
| Activité anti-Xa au pic : | |
| . Valeurs moyennes m±sd |
1,41 µg/mL |
| . Seuil de surdosage |
non déterminé |
| Allongement du TCA (si mesuré) |
non allongé |
Tableau XVI . Surveillance biologique de l’HNF (Recommandations GEHT 2013)
Héparine sodique (Choay® - Panpharma®)
| Spécialité |
Héparine sodique (Choay® - Panpharma®) |
| Posologie initiale et voie d'administration |
500 UI/kg/24h IV continue |
| Heure du prélèvement |
4h après le début de la perfusion puis indifférent |
| Activité anti-Xa (U/mL) |
0,3 à 0,7 |
| TCA |
1,5 à 3,5-5 fois TCA témoin Variable selon le réactif |
| Spécialité |
Héparine calcique (Calciparine®) |
| Posologie initiale et voie d'administration |
500 UI/kg/24h en 2 ou 3 injections SC/24h |
| Heure du prélèvement |
à mi-chemin entre 2 injections |
| Activité anti-Xa (U/mL) |
0,3 à 0,7 |
| TCA |
1,5 à 3,5-5 fois TCA témoin Variable selon le réactif |
3.5 - Situations spécifiques (gynécologie et oncologie)
3.5.1 - Maladie veineuse thromboembolique et gynécologie
Facteurs de risque gynécologiques et Thrombose veineuse- Grossesse et Post-partum
- Procréation médicale assistée (PMA)
- Contraception hormonale combinée estroprogestative
- Quel que soit le type d’estrogènes par voie orale : ethinyl-estradiol ou estradiol
- Quelle que soit la voie d’administration de l’ethinyl-estradiol : orale, patch ou anneau
- · Contraception progestative seule par acétate de medroxyprogestrone en IM
- Traitement hormonal de ménopause par voie orale
- Traitement hormonal antiestrogènique : Tamoxifène
- Traitement hormonal utilisé dans l’ostéoporose : Raloxifène
- Avant 6 semaines d’aménorrhée → pas de risque.
- Entre 6 et 9 semaines d’aménorrhée
- Après 9 semaines d’aménorrhée : anomalies du système nerveux central (1 à 2% des cas).
- Aspect néonatal : passage placentaire (prévention). Préférer la warfarine du fait du très faible passage dans le lait maternel.
- Antécédent de thrombose : La prévention par HBPM dépend :
- du type de thrombose (distale, proximale, EP, TVC)
- des facteurs favorisants de la thrombose (notamment hormonaux)
- du délai de la thrombose
- d’une éventuelle thrombophilie associée
- Thrombophilie biologique sans évènement thromboembolique
- Post-partum : prévention par HBPM au moins 4 à 6 semaines après l’accouchement
- Ante-partum : dépend du type de thrombophilie
- En cas de prise en charge en PMA un avis pluridisciplinaire est recommandé.
- Augmentation du risque thromboembolique veineux (x 4 à 6) plus important la première année d’utilisation et dont l’importance dépend du type de pilule.
- Les pilules à climat oestrogénique dominant (contenant éthinylestradiol et un progestatif de 3ème génération (désogestrel,gestodène) ou autre (drospirénone, acétate de cyprotérone)) augmentent deux fois plus le risque de thrombose que les pilules contenant éthinylestradiol et un progestatif de 2ème génération (lévonorgestrel).
- Augmentation du risque identique quelle que soit la voie d’administration de la contraception combinée contenant de l’éthinylestradiol (orale, patch, anneau vaginal).
- Disparition de cette augmentation de risque environ 2 mois après l’arrêt de prise.
- En cas de thrombose
- Arrêt de la contraception combinée oestroprogestative.
- Contre-indication absolue de toute contraception combinée quelle que soit la voie d’administration.
- Inversement, en cas de traitement par AOD ou AVK une contraception efficace est obligatoire (voir contraception autorisée).
- En cas de thrombophilie biologique isolée :
- Contre-indication absolue de toute contraception combinée quelle que soit la voie d’administration.
- Contraception autorisée
- Contraception mécanique
- Préservatif + contraception d’urgence
- Dispositif intra-utérin au cuivre ou au lévonorgestrel
- Contraception progestative seule (en dehors de la phase aiguë)
- Microprogestative (désogestrel CERAZETTE®, lévonorgestrel MICROVAL®).
- Macroprogestative (chlormadinone LUTERAN®).
- Contre-indication à la contraception par acétate de médroxyprogestérone en intramusculaire.
- En cas de chirurgie programmée
- Arrêt de la contraception combinée estroprogestative et switch vers une contraception progestative seule autorisée (voir paragraphe ci-dessus) 2 mois avant la chirurgie.
- En cas de thrombose
- Arrêt du traitement hormonal.
- Contre-indication absolue de tout traitement hormonal contenant des oestrogènes par voie orale.
- En cas de thrombophilie biologique isolée
- Contre-indication absolue de tout traitement hormonal contenant des estrogènes par voie orale.
- Traitement hormonal autorisé après la phase aiguë
- Oestradiol par voie extra-digestive et progestérone naturelle si nécessaire
- En cas de chirurgie programmée
3.5.2 - Maladie veineuse thromboembolique et oncologie
(FNCLC Standards, Options : Recommandations 2008) Risques de MTEV · Incidence annuelle de la MTEV chez un patient avec cancer =1/200. · Le RR à 4, augmente à 6 avec chimiothérapie. · L’ETEV peut révéler le cancer ! – Adénocarcinomes mucosécrétants : poumon (21%), colon (18%), prostate (17%), pancréas, ovaire – Lymphome, LAM3 – syndrome myéloprolifératif : polyglobulie, thrombocytémie essentielle Traitement de la TVP proximale et de l’Embolie pulmonaire- HBPM seul au long cours (> 3 mois). Pas de relai précoce aux AVK
| Daltéparine (Fragmine®) | Tinzaparine (Innohep®) | |
|
Phase aiguë et long cours |
200 UI/kg/j en 1 injection pdt 1 mois Puis 150 UI/kg/j en 1 injection |
175 UI/kg/j en 1 injection |
- Durée optimale 6 mois, à poursuivre tant que le cancer est évolutif.
- Après 6 mois un relais par AVK peut être envisagé en fonction de l’évaluation bénéfice – risque.
- Ablation de la voie veineuse centrale sauf si fonctionnelle et nécessaire au soin
- Anticoagulation efficace par HBPM
- Tant que la voie centrale est en place
- Après ablation, tant que le cancer est évolutif et/ou traité pour un minimum de 6 semaines
3.6 - Recherche de thrombophilie
Chez quels patients rechercher un facteur de risque biologique de MTEV ? (Recommandations GEHT et SFMV 2009) Recherche recommandée En cas de 1er épisode de thrombose veineuse profonde proximale et/ou embolie pulmonaire- < 60 ans
- 1er épisode de TVP proximale ou Embolie pulmonaire > 60 ans
- Thrombose veineuse superficielle isolée
- 1er épisode MTEV < 60 ans chez l’homme avec caractère provoqué et en l’absence de famille informative
- Antithrombine (activité)
- Protéine C (activité)
- Protéine S
- Test de résistance à la protéine C activée et/ou Mutation Facteur V Leiden
- Mutation G20210A du gène de la prothrombine (Facteur II)
- Recherche de syndrome des antiphospholipides : TCA et dRVVT (test de venin de vipère dilué), recherche d’anticorps anti-anticardiolipine et anti b 2GP1.
- La recherche des mutations nécessite une information du patient et le recueil de son consentement écrit.
- Le dosage de l’Homocystéine est réservé aux formes graves de maladie thromboembolique chez l’enfant et l’adulte jeune en particulier lorsque celle-ci s’accompagne d’un tableau neurologique.